| À PROPOS DU FILM |
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Chantal Briet
( suite ) |
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Comment avez-vous écrit puis tourné
votre film ?
Je n’habite pas en banlieue, mais j’y suis souvent
et j’aime y être. Dans toute situation de guerre,
des crise, on retrouve des concentrations d’énergie,
il y a de la vie. En banlieue, c’est un peu cela, on
n’est pas en guerre, mais on est souvent dans le drame,
pas celui qu’on nous montre, un drame plus profond,
plus caché, plus universel. Il y a tous ceux qui sont
exclus économiquement des grandes villes, mais aussi
tous ces gens arrivés en France parce que c’était
vital, autant pour eux que pour nous, les Français.
Pour résumer grossièrement, cette épicerie
contient le monde, sa tragédie, mais aussi sa force
de vie.
J’ai passé beaucoup de temps là-bas,
à rencontrer les gens, à boire le café
avec eux. Ça, c’est la première étape.
Elle a duré longtemps, le temps de l’écriture
et de la maturation du projet, plus d’un an. A tel point
que les clients de l’épicerie ne me croyaient
plus quand je leur disais que je venais pour préparer
un film, c’est eux qui me réclamaient le tournage
au final !
Ensuite on cherche, on se questionne Je voulais filmer
la vie, mais comment filme-t-on la vie ? On pourrait
placer une caméra de surveillance, et ensuite monter
les images. Ça aussi, ce serait un film… mais
pas le mien. Moi, je cherchais comment filmer des êtres
en train de vivre dans ce lieu et comment en faire de vrais
personnages de cinéma, auxquels on pourrait s’attacher,
avec lesquels on pourrait ressentir des émotions proches
de celles qui sont vécues là-bas — là
bas, dans ce petit monde d’une épicerie de banlieue.
Le documentaire classique s’inscrit souvent dans des
conventions, rejette l’émotion, le rire. Moi,
je voulais un film avec des personnages complexes et ambigus,
comme dans la vie.
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