| LE FILM |
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Note
de la réalisatrice |
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Lorsque je suis entrée pour la première fois
dans l’épicerie de la Source à Epinay-sur-Seine,
Ali m'a offert le café — servi sur les congélateurs,
entre la machine à jambon et le journal destiné
à tous… Les clients et les habitués qui
défilaient chez lui racontaient comme à l’habitude
les mini-évènements de leur vie… la pluie,
le beau temps, les angoisses du moment, la vie dans la
cité, les émissions télé…
De ces diverses conversations sortaient des accents de solitude,
de détresse, mais aussi beaucoup de bonne humeur et
une sacrée dose d’humour — comme pour faire
passer le goût un
peu amer de la vie…
C'était en 1999. J’ai rendu des visites régulières
à Ali pendant plusieurs mois, surtout le matin, pour
partager le rituel du petit déjeuner avec Janine, Bertho,
Djama et les autres… Je crois bien que je suis devenue,
moi aussi, une habituée…
J'ai rapidement compris que ce lieu me donnerait la possibilité
de poursuivre ma quête : filmer le temps dans un lieu,
filmer le temps qui passe sur des êtres, des visages,
et sur leurs destinées. Filmer également une
manière d’exister ensemble — un petit «
commerce », qui reprendrait à son compte l’origine
du mot lui-même : un lieu d’échange, où
l’on s’alimenterait de manière générale…
Chantal BRIET
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