| À PROPOS DU FILM |
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Nabile Fares
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Nabile
Fares |
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Entretien avec Nabile Fares, poète et psychanalyste
Chantal Briet. — En tant que poète,
écrivain d’origine kabyle, je sais que vous avez
beaucoup écrit autour de l’exil. Quel est votre
regard sur ce film « Alimentation Générale » ?
Nabile Fares. — D’abord, ce
que je peux dire, c’est que, puisque vous me demandez
de participer à un commentaire de votre film, c’est
que, quelque part, je peux y figurer, ça ne m’est
pas du tout étranger, ça m’est même
très familier. Votre film montre quelque chose d’une
étrangeté familière qui construit, pour
elle-même et pour l’entourage, une façon
de parler ensemble dans des lieux relégués,
mis à l’écart, des lieux de souffrance
qui sont à la fois communautaires et font partie de
la communauté française — destinées
qui se retrouvent ensemble dans cet espace, sur le bord —
le bord de l’économie, le bord de la parole,
le bord de la citoyenneté. Et ces êtres doivent
réinventer ensemble des formes de vie : des plus
petits aux plus âgés, des générations
mettent ensemble leurs paroles, leurs façons de survivre
à la déstructuration corporelle et psychique,
se parlant entre elles, détruisant leur carapace « d’étranger
étranger », vous montrez comment ces générations
se rendent familières entre elles à travers
leurs histoires différentes, leurs origines différentes.
Chantal Briet. — Dans cette épicerie,
les personnages s’amusent beaucoup, et sont à
distance de leurs propres sorts
Nabile Fares. — Dans votre film les
personnages voyagent tous à travers une langue qu’ils
connaissent, celle dans laquelle ils ont tous étés
élevés, reçus, accueillis ou moins bien
accueillis : le français.
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