| À PROPOS DU FILM |
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Sam di Iorio
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Sam
di Iorio |
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Sam di Iorio est professeur à Hunter, NY University
Une demi-heure après le début de « Alimentation
générale », un plan du propriétaire
des lieux, Ali Zebboudj, précède celui de son
collègue Jamaa Hemmou, les yeux fermés, qui
l’écoute. Alors que Zebboudj s’adresse
à la caméra avec assurance, l’état
de quasi-transe de Hemmou ouvre un espace auquel lui seul
a accès, un univers loin des bouteilles de shampooing
et des boîtes de nourriture pour oiseau rangés
sur les étagères derrière lui…
Pour moi, le film de Chantal Briet illustre ce lien entre
proximité et éloignement. Tout au long du film,
les dialogues mettent en évidence cette sensation de
proximité. « Alimentation générale »
est un film parlant : les personnages nous racontent leurs
histoires, nous montrent ce que sont leurs vies. En apparence,
ces paroles semblent banales : « Vous l’avez
acheté où ce saucisson ? Tu devrais le laver,
ton chien. Moi, j’aime les endives. Ton frère,
il travaille dur. Johnny Halliday ne chante pas, il gueule. »
Dans leur contexte, ces mots sont pourtant transformés
: ces phrases franches sont souvent le témoignage irrésistible,
touchant, ou parfois incertain, de ces moments graves et légers
de la vie de tous les jours. Ces mots, et ceux qui les prononcent,
nous semblent parfois si familiers. Mais ce n’est pas
toujours le cas. A d’autres moments, les paroles s’effacent,
le regard se tourne vers l’intérieur, et il devient
clair que le film de Briet parle aussi du silence. Pauses
embarrassées à la fin d’une histoire sans
résolution, longs plans d’Ali se faisant masser
dans l’arrière-boutique, visages stoïques
devant la destruction d’un immeuble.
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